L’île d’Egueye, un paradis caché

avril 17, 2019

Comme vous le savez peut-être déjà, notamment si vous avez lu cet article, je suis une passionnée de la Casamance. J’ai bien évidemment mes lieux de prédilection, comme l’île de Carabane mais j’ai également souvent envie de découvrir de nouveaux coins. Plusieurs personnes m’ont parlé de l’île d’Egueye et comme il suffit de prononcer le mot “île” pour que mes valises soient faites, je n’ai pas longtemps hésité avant de faire d’Egueye notre nouvelle destination.

©Milcos

Comme chaque année à la même période, nous avons opéré notre traditionnel passage à Diegoune, le village de mon chéri situé près de Bignona. Et ensuite, nous sommes partis jouer aux explorateurs.

Même si j’aime beaucoup le Blouf (département de Bignona), pour moi le Cassa (département de Oussouye) est le must. Les paysages sont magnifiques, la végétation y est dense et variée et le chemin pour se rendre à Egueye en est la preuve.

©Stéphanie Nikolaïdis

A partir de la gare routière de Ziguinchor, nous avons emprunté la route vers Cap Skiring et nous sommes descendus à Diakène Diola. De là, des motos Jakarta nous ont emmené jusqu’à Diakène Ouolof, la traversée du village est splendide. Arrivés à destination, une pirogue nous attendait pour nous conduire sur l’île d’Egueye, là encore, nous avons savouré la balade au milieu de la mangrove. La destination est belle mais le voyage à parcourir pour y arriver est tout aussi appréciable.

©Milcos

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Quasi déserte, l’île d’Egueye est en réalité une presqu’île, elle est reliée au continent par le village de Diantene mais n’est accessible par ce village qu’à pied ou en VTT. Nous avons rencontré un groupe qui a fait la route d’Oussouye jusqu’à Egueye (environ 14 km) avec Casamance VTT. Cela nous a donné des idées pour notre prochain voyage…

©Milcos

Situé au bord de la mangrove, le campement, le seul et l’unique de l’île, est charmant mais ne vous attendez pas à du grand luxe. Il a été mis sur pied, il y a bientôt 30 ans par Abdou Ndiaye. Ce natif de la région (et oui il y a des Ndiaye Diolas) embauche plus d’une dizaine de personnes qui viennent de son village d’origine Diakène Ouolof.

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Si vous séjournez au campement, vous ne serez pas déçus par la cuisine, on mange très bien,  les produit sont frais et proviennent du terroir. Vous pourrez déguster de délicieuses huîtres de palétuvier grillées. Pour le petit-déjeuner, on vous servira un excellent pain maison grillé à la braise. Vous trouverez ça et là des hamacs dans lesquels vous pourrez paresser à votre aise et vous prendrez l’apéro en admirant le coucher de soleil au bord du fleuve.

Lors de notre premier déjeuner au restaurant, j’aperçois une dame portant sou le bras un livre que je croiss reconnaître. Je quitte la table, abandonnant un excellent Thiou Boulette, et l’interpelle. Elle me confirme que le livre que j’ai aperçu est bien  “Le guide des oiseaux de l’Afrique de l’Ouest”. Nous entamons alors une discussion sur notre passion commune, l’observation des oiseaux, elle m’apprend que sur l’île on dénombre une grande quantité de variétés d’oiseaux et elle me donne quelques astuces pour les observer. Je découvre alors qu’elle est la femme d’Abdou Ndiaye et pour couronner le tout, qu’elle est belge! Je traîne un peu à discuter avec elle puis je m’en vais retourner à mon Thiou Boulette. Et là, terrible effroi : il a disparu, remballé par le serveur qui pensait que j’avais fini. Profonde tristesse…

©Stéphanie Nikolaïdis

Levée à 7h15 (il en faut beaucoup pour que je sois si matinale pendant les vacances), je me suis lancée, pour la première fois en solo, dans des balades en terre inconnue pour observer les oiseaux. Découvrir de nouveaux territoires, au petit matin quand tout le monde est encore endormi, que seul résonnent les cris des oiseaux et que le soleil est en train de se lever, est magique. Chaque jour, j’ai emprunté des sentiers différents, il est très aisé de s’orienter car les chemins sont bien tracés. J’ai pu observer de magnifiques oiseaux. J’ai découvert également un petit canyon qui délimite l’île au Sud, j’ai été totalement surprise de déboucher sur cet endroit tout à fait étonnant.

©Stéphanie Nikolaïdis

Ce que j’ai aimé sur cette île ce sont les différentes marches possibles, soit à travers une petite forêt de palmier qui longe la mangrove et qui est superbe soit à travers la brousse. Le campement propose également d’autres activités comme du canoës ou encore une balade en pirogue dans le bolong des crocodiles. Je vous conseille vivement cette balade, nous n’avons pas eu de chances, pas de croco en vue pour nous, mais la promenade en pirogue dans les petits bolongs vaut vraiment le détour.

©Stéphanie Nikolaïdis

Nous avons eu un gros coup de cœur pour ce nouvel endroit découvert et il est certain que nous y retournerons. Le campement prépare un gros événement avec une multitude d’activités qui seront organisées du 31 janvier au 9 février 2020 pour célébrer ses 30 ans. Je ne manquerais pas de vous tenir informé via les réseaux sociaux. Je vous invite également à consulter le site web du Campement de l’île d’Egueye et de les rejoindre sur Facebook.

Si vous avez des questions ou des contributions à apporter à cet article, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire, j’échangerais volontiers avec vous.

Je vous laisse avec cette petite vidéo que nous avons réalisées à Egueye.

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