Le jour où j’ai compris que j’aimais le jazz

octobre 14, 2018

J’ai toujours perçu le jazz comme une musique peu accessible et réservée à une certaine élite, bien que le Hip Hop que j’affectionne y trouve ses racines.

Quand j’ai appris que Lionel Loueke et Céline Rudolph allait jouer au Goethe-Institut, cette nouvelle n’a pas eu un grand effet sur moi, je n’avais pas du tout conscience du “phénomène”. Puis, j’ai commencé à sentir l’engouement que cette venue provoquait dans mon entourage. J’ai appris que Lionel Loueke était un grand monsieur de la musique africaine tout comme Richard Bona, j’ai alors réalisé l’ampleur de ce qui allait se passer.

Lors du concert, j’ai été profondément touchée par la générosité des artistes, ils ont tout donné sans réserve, sans retenue et avec passion. Ils ont transmis tant d’émotions à travers leur musique. Chacun se sentant touché par telle mélodie, par tel rythme en fonction de sa propre sensibilité. Apparemment c’est ça le jazz!

Je n’ai jamais vu un public si attentif et silencieux, même entre les morceaux, on n’entendait pas un mot dans la salle. Comme envoûtés, nous étions tous transportés dans l’univers musical du duo. J’ai vu des gens fermer les yeux se laissant totalement imprégner par la musique. J’étais moi-même constamment balancée entre l’envie de filmer, de prendre des photos pour capturer cet instant magique et l’envie de simplement profiter du moment présent.Pendant le concert, le temps était comme suspendu, les artistes nous ont permis de déconnecter, d’être totalement focus sur la musique. Personnellement, cela ne m’arrive que très rarement car j’ai souvent l’esprit qui vagabonde, pour une fois, j’étais complètement présente.

Céline Rudoplh et Lionel Loueke sont deux artistes qu’à la fois tout rassemble et tout sépare. Mais sur scène, la magie opère entre ces deux là. La voix aux multiples tonalités de Céline se marie parfaitement à la virtuosité du guitariste. Céline chante en anglais, en français mais aussi dans une langue inventée composée d’onomatopées que seul le duo comprend. Le jeu de guitare de Lionel est exceptionnel, ses riffs sont captivants. Le répertoire de ce diplômé des plus grandes écoles de musique (Berklee, Monk Institute…) semble infini. Rien d’étonnant qu’il joue au côté de figures telles que Herbie Hancock.

Quand Lionel m’a raconté leur rencontre, j’ai trouvé ça génial. Céline lui a offert son CD à la sortie d’un concert à Berlin, le guitariste l’a écouté et a tout de suite accroché à l’univers de la chanteuse. Cette histoire peut faire rêver les musiciens, prouvant qu’un simple échange peut aboutir sur une belle collaboration.

Dans ces moments-là, je réalise que j’ai beaucoup de chance d’exercer ce métier et je suis heureuse de pouvoir contribuer à ma façon à la réalisation de ces beaux événements.

 

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